
Une découverte tardive loin d’être marginale
Contrairement aux idées reçues, le haut potentiel intellectuel (HPI) n’est pas toujours identifié dans l’enfance. Une proportion significative d’adultes découvrent leur fonctionnement intellectuel tardivement, souvent à l’occasion d’un moment de rupture : burn-out, perte de sens au travail, difficultés relationnelles persistantes ou sentiment de décalage ancien devenu envahissant.
La littérature scientifique et les travaux cliniques convergent sur un point : le repérage du haut potentiel à l’âge adulte reste incomplet, en partie parce que de nombreux individus ont longtemps compensé efficacement. Tant que les exigences de l’environnement restent compatibles avec leurs stratégies, le fonctionnement tient. Lorsque ces exigences augmentent ou se rigidifient, l’équilibre se fragilise.
Pourquoi le haut potentiel peut passer inaperçu pendant des années ?
1. Le poids des stéréotypes
Le haut potentiel est encore largement associé à des images simplistes : réussite scolaire brillante, aisance sociale, trajectoire linéaire. Or, les études montrent une grande hétérogénéité des profils adultes, notamment sur le plan professionnel et émotionnel. Ces stéréotypes retardent l’identification, y compris chez les professionnels.
2. La suradaptation et la compensation
De nombreux adultes à haut potentiel développent très tôt des stratégies de compensation : perfectionnisme, contrôle, surinvestissement intellectuel, conformité sociale. Ces mécanismes sont souvent efficaces… jusqu’à l’épuisement. Le coût psychique de cette adaptation prolongée explique pourquoi la demande d’évaluation survient parfois tardivement.
3. Les profils complexes et les comorbidités
La présence d’un TDAH, de troubles des apprentissages, d’un TSA sans déficience intellectuelle ou de troubles anxieux peut masquer ou brouiller la lecture du fonctionnement intellectuel. La recherche sur la double exceptionnalité montre que ces associations augmentent le risque d’erreur ou de retard diagnostique.
Haut potentiel et santé mentale : une relation à nuancer
L’idée selon laquelle les personnes à haut potentiel seraient intrinsèquement plus anxieuses ou dépressives est mal étayée scientifiquement. Les méta-analyses récentes ne montrent pas de surreprésentation systématique de troubles anxieux ou dépressifs.
En revanche, ce qui ressort de manière constante, c’est la souffrance liée à l’inadéquation : environnement professionnel peu stimulant, conflits de valeurs, manque de reconnaissance du mode de fonctionnement, suradaptation chronique. Ce n’est pas le haut potentiel en soi qui pose problème, mais le décalage durable entre la personne et son contexte.

Indices fréquemment rapportés par les adultes concernés
Ces éléments n’ont pas de valeur diagnostique, mais constituent des motifs fréquents de consultation :
- Fonctionnement intellectuel très rapide sur certains sujets, mais grande lenteur ou épuisement dès que l’intérêt est absent.
- Besoin marqué de comprendre en profondeur, difficulté avec l’arbitraire ou l’absurde.
- Perfectionnisme, autocritique élevée, sentiment de ne jamais en faire assez.
- Parcours scolaire ou professionnel irrégulier, avec alternance de phases de réussite et de décrochage.
- Sentiment ancien de décalage, parfois accompagné d’isolement ou de suradaptation relationnelle.
Pourquoi la découverte survient souvent à l’âge adulte
Plusieurs travaux montrent que les demandes d’évaluation du haut potentiel à l’âge adulte apparaissent fréquemment dans des contextes précis : reconversion professionnelle, burn-out, questionnement identitaire, profil HPI détecté chez un de ses enfants ou errance diagnostique. La découverte tardive permet alors une relecture du parcours, parfois déstabilisante, mais souvent structurante à moyen terme.
Quand un test de QI (WAIS) est pertinent chez l’adulte ?
Un test de QI standardisé (WAIS-IV ou WAIS-V) n’a de sens que s’il répond à une question clinique claire. Il peut être indiqué pour :
- Mieux comprendre un profil cognitif hétérogène (forces et fragilités relatives).
- Différencier ce qui relève du fonctionnement intellectuel de ce qui relève d’un trouble attentionnel, émotionnel ou organisationnel.
- Aider à des choix concrets : ajustements professionnels, orientation, accompagnement psychologique.
Le score global n’est qu’un élément parmi d’autres. L’intérêt principal réside dans l’analyse qualitative des indices, intégrée à l’entretien clinique et à l’histoire de la personne.
Ce que permet — et ne permet pas — un test de QI ?
Le test ne pose pas une étiquette définitive et n’explique pas tout. Il ne mesure ni la créativité, ni la sensibilité, ni la valeur d’une personne. En revanche, il peut offrir un cadre de compréhension fiable, réduire l’auto-culpabilité et ouvrir des pistes d’ajustement plus réalistes.
Le cabinet propose la passation du test de QI WAIS 4.
Si vous êtes intéressé par la passation du test de QI adulte, vous pouvez consulter la page qui donne plus d’information sur le déroulement du bilan ici. La prise de rdv pour le premier entretien se fait directement sur Doctolib avec Mme Grignon Clémence. Le bilan ne peut pas être effectué par visio, il ne se fait qu’en présentiel à l’Isle Adam dans le Val d’Oise.
Sources scientifiques
- Gauvrit, N., & al. (2023). High intellectual potential in adulthood: myths, realities and clinical issues.
- Karpinski, R. I., et al. (2018). High intelligence: A risk factor for psychological and physiological overexcitabilities.
- Martin, L. T., Burns, R. M., & Schonlau, M. (2010). Mental disorders among gifted and non-gifted adults.
- Rommelse, N. et al. (2016). Co-occurrence of ADHD and high IQ: A complex clinical profile.
- Silverman, L. K. (2013). Giftedness 101. Springer Publishing.
- Terrassier, J.-C. (2009). Les enfants surdoués ou la précocité embarrassante.